Evaluation de la musculature du tronc à l’aide des ultrasons chez les patients atteints de douleurs dorsales

PD Dr. Anne Mannion, Schulthess Klinik, Zürich; PD Dr. Haiko Sprott, Rheumaklinik und Institut für Physikalische Medizin, UniversitätsSpital Zürich

Arrière-plan

Près de 80% de la population souffrent au moins une fois dans leur vie de douleurs dorsales. Dans 90% des cas, les douleurs disparaissent au bout de quelques semaines, qu’un traitement ait lieu ou non. Cependant, les rechutes sont fréquentes et conduisent chez certains patients (env. 10%) à des douleurs de longue durée ou «chroniques».
Actuellement, il existe un grand nombre de traitements différents pour les douleurs dorsales chroniques non spécifiques. Tous ces traitements ne sont pas d’une efficacité égale pour toutes les personnes touchées. Ce domaine de recherche, qui représente un véritable défi, a donc une de ses priorités dans la recherche du «bon traitement pour le bon patient». Les causes précises de la douleur sont souvent difficiles à déterminer au niveau individuel, de sorte que la recherche doit s’efforcer d’identifier les patients, qui, en raison de leur histoire médicale, de leurs capacités fonctionnelles et de leur état psychique, répondent particulièrement bien à un certain type de traitement.
Dans le cas de douleurs dorsales, un dysfonctionnement des muscles profonds du tronc est souvent décrit. On peut supposer que ceci conduit à une instabilité segmentaire, ce qui favorise par la suite la réapparition d’épisodes douloureux. C’est pourquoi des exercices de stabilisation de la colonne vertébrale, destinés à améliorer le fonctionnement de la musculature de stabilisation du tronc, sont un concept de physiothérapie bien établi.

Objectif

Notre étude multicentrique a pour objectif d’élaborer des règles cliniques de pronostic permettant d’identifier les patients susceptibles de répondre particulièrement bien aux exercices de stabilisation de la colonne vertébrale.
L’étude porte sur un échantillon de 200 patients souffrant de douleurs dorsales chroniques et relève les données suivantes: données démographiques; statut psychologique/psychosocial (questionnaire); anamnèse des douleurs dorsales (questionnaire et enquête clinique); attentes liées au traitement, autodéfinition par rapport à la maladie et à la santé et initiative personnelle (questionnaire); capacités physiques générales (mobilité de la colonne vertébrale, tests fonctionnels); instabilité segmentaire lombaire (tests manuels et observation des défauts de positionnement de la colonne vertébrale en mouvement); fonction des muscles profonds du tronc (diagnostic échographique fonctionnel de l’activité arbitraire et anticipatoire). À l’aide de la régression logistique en tant qu’analyse multivariée du diagnostic avant et après le traitement (appréciation par le patient de l’amélioration de son état après traitement par rapport à la situation de départ), l’étude permettra d’identifier des prédicteurs de «résultats positifs». Ceux-ci seront utilisés pour établir un score de pronostic clinique basé sur environ 4 ou 5 prédicteurs clés et permettant de déterminer la probabilité relative du bon résultat d’exercices de stabilisation de la colonne vertébrale.

Signification

Les douleurs dorsales chroniques s’accompagnent de coûts énormes pour la société: les ressources du système de santé sont fortement mises à contribution et la qualité de vie des personnes touchées est sévèrement réduite. Nos connaissances actuellement lacunaires de la gestion adéquate des problèmes des patients souffrant de douleurs dorsales non spécifiques pourrait bien être le résultat de diagnostics vagues et d’une «généralisation» du traitement pour toute une gamme de patients différents. Une priorité actuelle est donc d’identifier des sous-groupes de douleurs dorsales et de spécifier et d’adapter les approches thérapeutiques disponibles. Des instruments diagnostics et pronostics améliorés devraient permettre d’accélérer le début du traitement et de diminuer la tendance des patients au nomadisme médical. Ceci devrait enfin contribuer à freiner les coûts croissants liés aux douleurs dorsales chroniques.

Durée du projet: 51 mois

Budget accordé: 743'987 CHF

Renseignements:
PD Dr. Anne Mannion
AFM Biomedical Research Consultancy
Bank House
1 Burlington Rd
Bristol, BS6 6TJ, UK
E-mail: anne@annefmannion.com

PD Dr Haiko Sprott
Clinique de rhumatologie et Institut de médecine physique
Hôpital Universitaire de Zurich
Gloriastrasse 25
CH-8091 Zurich

haiko.sprott@usz.ch

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